Thaïs marche comme un légionnaire romain. Râle un peu dans les montées, descend comme un dromadaire (tm) dans les descentes. Elle évite les ravins, plie les brindilles sous ses semelles, baffe les moustiques. Mais elle se fait porter un peu quand même, faut pas pousser. On passe entre des rizières où de grands rochers émergent comme dans une baie d'Along.

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Après une longue marche pour atteindre un village de taï blancs, on se pose devant un thé vert dans le jour qui décline. On papote dans notre anglais limité avec Rachel, Crio et Lotte, nos partenaires de rando quand on entend le bruit mat d'un fruit trop mur qui s'écrase sur la table. Mais les seuls fruits qui tombent des terrasses couvertes, ce sont les geckos. Un bébé lézard pas encore bien accroché ou un papa trop éloigné du vol agile d'un moustique. Toujours est il que le reptile fonce dans ma direction, me soutirant une grimace dans une position de repli embryonnaire qui ôte de mes épaules les dernières miettes de virilité qui s'y accrochaient encore.

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Les maisons de cette région sont sur "pilotis" (en vietnamien dans le texte) d'abord parce que la saison des pluies recouvre tout en quelques minutes, mais surtout parce qu'avant les accords de Yalta, il y avait encore des tigres ici. Ça permet de relativiser les chutes de lézards. On se couche dans une maison-cochon comme l'appelle Thaïs car "elle a des pattes". On se réveille au milieu des rizières.

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