La nuit est courte, le sol un peu trop rigide pour mes épaules viriles. Je me retourne un bon millier de fois, crêpe carbonisée. Sur la route vers le marché aux tissus de la tribu des taï noirs, une autre T(h)aï(s) (ma fille) : Papa, ton vélo il a plus de pile. C'est parce qu'on va doucement que je dis ça.

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Sur le bord des routes, des étales de viande à ciel ouvert et sans réfrigération. Alors pour chasser les mouches, un épouvantail de fortune tourne en boucle. Une baguette en fer posée sur un moteur de ventilateur. A chaque extrémité de la baguette en fer, des bouts de tissus. Une machine à claques pour les diptères.

Les gens sont toujours aussi souriants dès que Thaïs entre dans leur champ de vision. Une mamie nous ouvre sa barrière pour qu'on puisse voir de plus près ses buffles. On croise leurs regards apeurés. Allons allons, de grands bestiaux comme vous qui ont peur de la ptite bête ? Ca ôte de leurs épaules les dernières miettes de virilité. Les rizières en terrasse dégoulinent tendrement. Comme un jeu de plateforme des 80's. Comme un labyrinthe aquatique à étage.

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On arrive dans un nouveau village. La couleur change mais la taille reste la même. Taï noirs. Ici même notre guide ne peut pas tout traduire car les enfants se parlent dans un dialecte des montagnes.

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Et le soir au repas, on me parle dans les yeux pendant de longs moments avant que ma guide ne traduise : Rendez vous en terre inconnue. On va se baigner à la rivière et un groupe de gamins hésite entre curiosité et appréhension. Après quelques tours de magie assez médiocre, ils nous suivent à travers le village comme une portée de canetons. Les filles restants à l'écart, je finis par organiser une sorte de rugby avec quelques garçons. Pour les règles je fais au plus simple mais ça reste compliqué sans les mots alors Charlie Chaplin entre en moi et ca marche. On s'amuse une bonne heure entre les pilotis des maisons, les ballons à aller chercher dans le potager du voisin, le buffle qui passe au milieu du terrain et y laisse un petit cadeau. La nuit tombe avec la pluie et mes moineaux s'enfuient. Il ne reste que le plus téméraire, celui qui m'a lancé de l'eau à la rivière et qui se cachait derrière de grosses feuilles de bananier en sachant que je le voyais. Quand notre guide lui explique que je lui donne le ballon, c'est noel dans son sourire. Et il file entre les gouttes de pluie. 

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