21 septembre 2014

Hanoi c'est surtout...

- les banyans, ces arbres aux longues lianes tombant sur la chaussée

- les rues commerçantes "à thème" : la rue des merceries, la rue des pharmacies, la rue des vendeurs de souvenirs, la rue des contrefaçons...

- les chauffeurs de rickshaw et leurs "one hour" à tous les coins de rue

- les vendeuses de beignets de banane

- le lac Hoan Kiem, notre point de repère dans la ville

- le mur longeant l'autoroute et ses fresques en graff ou mosaïque

- l'absence de K mart et autres supérettes. Bien pratiques à Ho Chi Minh, elles sont inexistantes à Hanoi !

- les magasins "Made in Vietnam" qui nous promettent du Zara, du Forever 21 et du H&M, tous alignés les uns à côté des autres et avec la même devanture

- le petit vieux et sa plastifieuse ambulante (nous avons appris plus tard que les Vietnamiens aimaient beaucoup plastifier leurs photos pour éviter que l'humidité ne les abîme)

- le mausolée Ho Chi Minh et les innombrables règles à respecter si on veut y accéder : pas de main dans les poches, ne pas être bras croisés (?!?)...

- le marché aux tissus et ses vendeuses allongées ou assises à même l'étoffe. Le paradis pour toute couturière (ou l'enfer selon son banquier).

- l'agitation nocturne de la ville. Sitôt la nuit tombée, les lieux changent totalement d'apparence et tel magasin de jouets devient pour la soirée restaurant.

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20 septembre 2014

Deux ou trois choses que je retiendrai de la Baie d'(H)Along

- Halong ? Along ? l'orthographe qui change d'un jour à l'autre, d'un livre à l'autre, d'une personne à l'autre
- les îles évidemment, pointant leur nez à perte de vue autour de nous, allongés sur la jonque, seuls au monde (ou presque)
- les lagons, auxquels on accède en kayak, par des voies plus ou moins évidentes. Nous sommes passés par des entrées improbables : une bouche de monstre, une entrée insoupçonnable même à vingt mètres, nous avons dû nous coucher dans le kayak pour ne pas toucher les plafonds de pierres... bref, l'aventure !
- les singes qui ont eu l'amabilité de se montrer bien qu'on soit en juillet (merci la pluie du lendemain, prédite par notre guide : "si les singes sortent, c'est qu'il va pleuvior !")
- les méduses à portée de doigts
- le crabe de Phuc. Récupéré dans une nasse de pêcheur, amputé des pinces par Phuc, il a quand même réussi à s'échapper à toute vitesse, de sa démarche dégingandée, sur la coque du kayak de Thaïs
- faire son marché sur l'eau, directement du producteur au consommateur
- la baignade dans la Baie, tous les trois équipés de nos gilets de sauvetage
- petits coquillages de Thaïs ramassés sur la plage après notre baignade "Maman, tu as vu, ils marchent mes coquillages !" Hé oui, c'était de petits escargots de mer visiblement ;-)
- le trajet jusqu'à la Baie d'Halong : pas de doute, elle se mérite cette baie !
- Cat Ba, sa chaleur étouffante et ses touristes, qui cherchent tous le meilleur endroit où prendre leur billet pour la Baie
- notre équipage qui dort par terre ou sur la table, et nous le dos en vrac après une nuit dans... un lit :/
- les balades en kayak avec une Thaïs qui n'a pas hésité à s'endormir à bord, en toute confiance
- Teo et Sacha, les Suisses rencontrés quelques jours plus tôt dans un bus entre Hoi An et Hue, et retrouvés par le plus grand des hasards dans un lagon quasi inaccessible de la Baie ! Tout ce que j'aime dans les voyages : les rencontres, les surprises improbables...
Mais surtout... 
la nuit du 26 juillet 2014 !

26 juillet

<3

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12 août 2014

coq vietnamien

On a tendance à dire que le coq chante au lever du soleil. C'est complètement faux ! Il chante tous les quart d'heure de 16h à 11h le lendemain et s'accorde une petite sieste après le déjeuner pour ne pas qu'on le rôtisse de suite. Il chante toute la nuit, absolument toute, sans même prendre le temps d'élever ses poussins ou de se trouver un job. Pour être précis, il crie davantage qu'il ne chante dans un débordement vocal qui relève souvent plus de la mue adolescente que du baryton. A noter que le coq vietnamien fait ah ahah aaaaah  et non cocorico car les animaux aussi ont droit à leur dialecte. La seule consolation après deux jours de cohabitation est de se dire qu'il finira en plat en sauce.

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05 août 2014

Baie d'Halong jour2

 

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Debout à 5h30. C'est pas pour rien que les matelas à ressort, ça se fait plus depuis les années 80. J'ai le dos de travers. Mais notre cuisinier dort sur la table en verre du salon donc on va éviter de se plaindre. Je grimpe sur le pont pour voir si les transat sont plus confortables.

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Réveil sous la pluie dans la baie d'Along. Mais pas une pluie triste, pas une pluie maussade. Juste une douche matinale. Pas un brin de vent, les drapeaux vietnamien débandent, sont en panne éolienne. Pas une vaguelettes à la surface de l'eau, juste les ronds des gouttes qui essaient en vain de remplir la mer. La marée basse a découvert une plage au pied d'un rocher. Les oiseaux chantent six heures en réveil matin.

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On repart plan plan, moteur en sourdine entre les rochers feuillus. Le ciel est lourd mais garde pour l'instant la gorge sèche . Le grincement  des cigales en fond sonore, le croassement des corbeaux pour nous habiller l'oreille.   

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03 août 2014

baie d'Halong jour1

On attend notre bateau sur l'un des petits port de cat ba. Phuc, notre guide fume une cigarette. Ça se prononce fo et son prénom, c'est phuc, c'est vrai ? Nous on se cache derrière un poteau car le soleil nous soutire déjà des rivières de sueur.

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Pour la facture carbone, on repassera : une péniche de 20 mètres avec des chaises longues sur le pont supérieur. Rien que pour nous !
On savoure la brise marine et le panorama alentour.

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En sortant du port on voit un "bateau boite de nuit", une cinquantaine de lampes accrochées à une armature en fer. C'est un bateau de pêche. De pêche au squid(sèche), ce papillon (pour ne pas dire car abruti) marin est irrépressiblement attiré par la lumière alors on se balade dans les eaux opaques de la nuit Alongienne et bim ! Un coup de flash ! Les seiches par la lumière alléchées remontent en surface et il n'y a plus qu'à sortir les épuisettes.  Pourtant :
Ma mère m'avait prévenue,
méfie toi des ampoules nues,
Ne t'approches pas de ces globes,
Qui mettront l'feu à ta robe.
Les papillons insomniaques, y trouvent un aphrodisiaque,
La mort est au rendez vous, au mieux tu deviendras fou.

Thomas Fersen - Pégase

Les cigales bruissent et font vibrer les montagnes de calcaires. Une tortue, un chameau, un bouddha couché. Chacun y voit ce qu'il veut. Comme dans le coton des nuages ou le marc de café. Mais elles ont toutes en commun l'amour de la rondeur. Des têtes bien faites ébouriffées de vert, des poitrines gonflées.

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Ça est là du polystyrène, des sacs plastiques ternissent la beauté des lieux. On avait été prévenus et on a pu observer que l'écologie n'est pas encore prioritaire pour les vietnamiens qui n'hésitent  pas  à jeter des sachets de chips dans le mékong.

On descend dans les kayak et on pagaie entre les îles flottantes.

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On passe sous la bat cave (aucun lien avec Gotham city) que Thaïs renomme la bouche du monstre tant il est vrai que les stalactites nous donnent l'impression de se jeter dans une gueule béante.


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Un peu plus loin, dans une grotte où on est obligé de se coucher dans notre canoë  pour ne pas se faire scalper. Au sortir, un lagon tout en rondeur et au beau milieu, plantés comme des cierges, Teo le barbu et Sacha le grand blond. Au beau milieu de nulle part. On continue le jeu de chassé croisé. Après avoir partagé la couche dans un car,  un repas à Hué on  les recroise dans un trou de souris. A peine le temps d'apercevoir un singe à flanc de falaise et d'échanger quelques impressions de voyage que nos fils tressés se séparent de nouveau.

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(saurez vous trouver le singe ?) 

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02 août 2014

Vers la baie d'Halong

Des sachets de thé pendent à l'avant du car à la place des sapins désodorisants. Sur le bord de la route, il s'arrête et a du mal à redémarrer. Quand on repart, on avance à peine plus vite que les vélos. "Remarque si on a un accident on l'aura moins vite" disait Coluche. Alors on profite du paysage : Un terrain de foot bordé de rizières inondées. Intérêt à être précis si on ne veut pas aller à la pêche au ballon. Des cultures de raisin faites sur des sortes de termitières.

Le car est toujours aussi toussoteux alors on s'arrête pour intégrer un autre car. Mais il est déjà plein. Pas de soucis, on sort les petits tabourets en plastique dans le couloir et vogue !

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Mais du coup on vient de monter dans le tortillard qui s'arrête à chaque coin de rue pour déposer machine chez tata huang et machin chez le quincailler.
Arrêt pipi puis 4x4 sur des routes en terre défoncées avec caniveaux naturels qui jonchent la chaussée. Si on un pneu crève, on a le droit à un troisième car ?

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Arrivé à Haiphong, un speedboat nous amène sur CatBa en soulevant des tsunamis et on passe l'après midi dans l'hotel le plus chaud du monde. 

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Un coucher de soleil sur l'ïle en attendant de voguer sur la bair d'Halong le lendemain ...

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25 juillet 2014

Hanoï s'éveille

La ville se réveille vers 7h avec un ou deux coups de klaxons timides, embués, pâteux. Les vendeuses sédentaires soulèvent les rideaux de fer, sortent leurs marchandises emplastifiées et ligotées sur le trottoir et défont les rubans comme un 25 décembre au matin.

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Balance judiciaire sous un cône, les vendeuses nomades trottent déjà sur les routes. Chapeau pointu sur la tête, planche de bois sur l'épaule et sous la corde, à chaque extrémité, des plateaux qui débordent de verdure. Cacahuètes, concombres, fleurs, fruits, herbes aromatiques. Des buissons équilibrés. Les tongs tapotent le bitume. Petits pas au rythme du balancier qui attire les paniers vers le sol. Petits rebonds des plateaux qui oscillent entre les scooters.

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Les hauts parleurs crachent le message du parti pour la journée. Horoscope politique.

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24 juillet 2014

D'arbres en façades ...

Si la circulation, le bruit et les klaxons restent une pollution sonore pesante dès lors qu'on a perdu notre regard amusé d'occidental, Hanoi n'est pas Saigon.
Je me suis demandé ce qui me rendait Hanoi plus sympathique que ho chi min ville et je crois que ca tient à deux choses. Les arbres et les façades.
Les façades tout d'abord. Les murs de cette vieille ville, pastels, salis, délavés qui me rappellent le quartier de l'alfama à Lisbonne. Des façades tatoués de lettres et de chiffres. Tamponnés.

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Et les arbres aussi. Surtout. Ils ont été conservés et intégrés au paysage urbain. Dans chaque rue, les faisceaux de fils électriques s'appuient, s'enroulent aux branches. Les cordes se croisent en damiers : les lianes horizontales, électriques, et les lianes verticales qui pleuvent des banians.
Ah les banians ! Banian je t'aime ! Hanoï mérite d'être visité au moins pour ses banians. De grands arbres aux troncs nervurés, entrelacés, tressés. Des tiges amoureuses qui montent en câlin vers le ciel et redescendent en pluie de lianes. Un feu d'artifice végétal.
Ces grands arbres viennent chapeauter la rue, parasols floraux providentiels lorsque le soleil brule.

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Les arbres font partie des murs et on a construit autour, avec. Accroupie sur un petit tabouret en plastique, une mamie fait fumer son réchaud à charbons sous la branche horizontale d'un banian qui lui sert d'ombrelle.
Devant le marché Dong xuan, l'arbre incliné est un meuble à ustensile pour la mamie qui prépare des soupes. Une branche cassée lui permet d'accrocher les sacs en plastiques.
A l'angle de Nguyen thien et de Hang khuai, l'arbre sert de poteau pour tenir les toitures en taule.
Au 22a de la rue Hang buom, on a construit un café autour d'un arbre qui trône entre le frigo et les sirops et perce la toiture pour dominer le quartier

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23 juillet 2014

le trottoir à Hanoï

A Hanoi, le trottoir est polymorphe, mouvant. Il dispose d'une capacité à se métamorphoser qui fait que chaque endroit n'est jamais vraiment identique en fonction de la météo ou de l'heure de la journée.

D'un endroit à l'autre tout d'abord, il est parking à cyclos, restaurant à ciel ouvert, extension du magasin qui vient dégueuler sa quincaillerie jusqu'aux abords des pots d'échappements. Rien de bien extraordinaire au Vietnam... Mais ici, c'est le rythme de la journée qui lui donne différents visages.

A l'heure du déjeuner, la ville rentre en léthargie. Plus rien ne bouge. Les cyclos désertent la rue pour les bouts de trottoirs non grignotés. Les vendeurs s'assoupissent sur leur stock. Les rues sont vide, le trottoir endormi.

L'après-midi rend au trottoir sa frénésie. Il se tortille et grouille de tous ses parasites.

A la tombée de la nuit, les magasins peuvent à peine remballer leurs produits et tirer les grilles que de nouvelles enseignes provisoires viennent pirater l'espace laissé libre, pendre des ceintres, recouvrir le vide. La devanture d'une agence de voyage s'est parée de tissus à fleurs. Les magasins de jouets laissent place à des terrasses dinettes qui s'improvisent en tabourets microscopiques et en tables en plastique. On y sert des soupes, des plats en sauces surmontés d'herbes aromatiques qu'on déguste au ras de la moquette.

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Traversée

Ce qu'il faut comprendre pour traverser, c'est qu'il faut arrêter de penser comme des occidentaux. Négliger les feux que personne ne respecte, délaisser les passages piétons, jolis peintures sur macadam.

Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il faut accepter de se faire englober par le traffic, de se faire gober par le flux des cyclos. De devenir une partie d'un tout. On traverse alors un courant continu ou chaque partie a son rôle et où on arrête d'obéir aux bonhommes rouges et verts pour faire nos choix. Redevenir un acteur de la route. Crevette parmi les poissons

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